24H du Mans Rollers édition 2012

24H du Mans Rollers édition 2012 avec GOSSIPSKATE! by Greg

24Mans2012

Nous y voilà enfin !
Depuis le temps qu’on y pense, qu’on tourne et retourne les souvenirs, qu’on parcourt les forums ou qu’on questionne les copains pour certains… c’était devenu interminable !

Je sais pas pour vous mais personnellement ça fait déjà trois mois que mon fond d’écran de bureau est tapissé du fameux « Finisher » et que les (moches) t-shirts chèrement glanés au cours des éditions précédentes remontent sans arrêt à la surface malgré les efforts de ma tendre épouse pour les enfouir dans le fond de l’armoire 😉

Parce qu’après cinq participations on peut se dire que si on revient une sixième fois c’est qu’on est quand même gravement atteint. Mais ça me va bien et je pense que GossipSkate compte dans ses rangs assez de fêlés dans mon genre pour passer une super édition 2012.

Concernant les équipes alignées et l’intendance il y a de quoi rendre envieuses d’autres associations ! Trois équipes au taquet, un staff de compétition avec intendance comprise, deux barnums… Bref je crois qu’on ne remerciera jamais assez Le Bureau (avec deux majuscules !) pour le boulot qu’elles ont abattu avant, pendant, après ainsi que tous les volontaires venus se joindre à nous le jour J !

Vision par un Gentlemenz Cap’tain, plongée dans l’univers du Mans 2012 !
Arrivé comme une fleur avec mes collègues du H Team je me présente à l’entrée du circuit à 11h30, en même temps que plusieurs autres Gossipiens aussi chargés en bagages que moi.
Direction les paddocks : patience la grille ouvre à 13h… retrouvailles, bises et poignées de main, on prend patience et on se place pour la ruée vers les boxes histoire de prendre une place sympa pour les prochaines 24H !

12H30 : Nos gènes de grenouille reprennent le dessus : ça menace au dessus de nos têtes, je ne sais pas si je vais encore croire bien longtemps mon collègue qui me parlait du « micro climat sarthois »… ça va se finir en prière arrosée à DoubleVédéQuarante !

13H00 : on y est ! Les agents de sécurité coté paddock ouvrent les grilles et c’est le début de la cavale, avec tout ce qu’on peut emporter pour bloquer un emplacement. Au final on sera plutôt bien situés, avec de quoi placer les deux tonnelles cote à cote pour les roulants et l’intendance. La grande classe !

Surprise supplémentaires : nos combis toutes neuves sont arrivées, et c’est peu dire que Diffusport a bien bossé ! On va être beaux… enfin encore faut-il être resté aussi svelte que lors des essayages en février, ce qui est loin d’être gagné compte tenu du déficit d’entraînement lié à une météo calamiteuse depuis 3 mois !

Enfin c’est pareil pour les autres et nous nous attendons quand même à ce que le temps reste au sec… on peut y croire car visiblement le vent souffle fort dans la ligne droite des stands ce qui laisse présager pas mal de difficultés sur les deux derniers kilomètres du Bugatti. Vent de face, obligation donc de trouver des pelotons pour ne pas laisser trop de cartouches dans les derniers virages !

14H : qualifications puis briefing d’équipe… Qui dort quand, qui veut se faire le lever du soleil, qui sera capable d’enchaîner jusqu’à 3h du mat sans faiblir… finalement on remet notre copie au staff chrono.

L’heure tourne le temps de s’installer, strapper et prévenir les quelques bobos pour éviter d’avoir un pied ressemblant à une grosse ampoule.

15H45 : notre coureur se place sur la ligne de départ, patins dans le gazon avec traversée du goudron en chaussettes… il aura la joie inestimable de partir pour deux tours, la météo fraîche jouera en sa faveur car pour l’avoir déjà fait par 35 degrés je peux affirmer que ça change tout. S’il a de la chance le frangin passera même entre les gouttes !

16H00 : le speaker nous fait bien comprendre qu’il est là et qu’il va rester scotché à son micro pendant 24H, tant il en rajoute ! Est-ce lui qui nous amène la pluie, je ne saurais pas dire mais d’un coup ça se met à tomber à pleins baquets ! C’est aussi intense que bref, la piste est complètement trempée dès le départ… une première pour moi au Mans Rollers.

Petite pensée pour le camarade de jeu qui tourne comme il peut, et pour les solos qui doivent regretter leurs cache-patins ! Vite on chausse les roues pluie le temps que la piste sèche !

J’attends une bonne heure avant de voir mon tour arriver, je prends place sur la zone de relais et sa super moquette. Y a pas à dire Le Mans sans faire le départ ça vous rendrait presque impatient ! Voilà Eric qui arrive à pleine vitesse, un relais bien appuyé et me voilà parti.

Mes premières foulées sur le faux plat sont synonymes de retrouvailles : je l’ai attendu ce moment ! Puis j’attaque la Dunlop pour de bon et… ça paraît nettement moins simple que l’an dernier : sous l’arche au sommet j’ai déjà perdu 20 secondes par rapport à mes chronos de l’édition 2011 ! Le genre de situation où le manque d’entraînement en côte se paie cash !

Arrivé en bas après le virage de La Chapelle c’est le deuxième effet Kiss Cool : le vent de face est un vrai mur et va annuler les possibilités de récupération habituelles dans les sections de faux plats descendants. Pas moyen de faire du tourisme : faut pousser, chercher des trains, saisir la moindre occasion de s’abriter sans quoi les chronos vont s’en ressentir et la fatigue s’accumuler !

Assez vite les plus expérimentés se montrent raisonnables : me voilà flanqué d’un autre patineur qui reste sagement derrière à l’abri, assez emboîté pour me fournir un petit complément de poussée et couper la traînée. Les derniers virages avant de se remettre dans l’alignement de la ligne des stands prennent des petits airs de Mont Ventoux !

Une fois passée la ligne de départ mon acolyte se décale et là, surprise, j’ai abrité non pas un roulant mais bien une roulante ! L’expérience semble même lui avoir convenu puisque on refera la même chose pas moins de trois fois sur toute la durée des 24H… faites comme moi : apprenez le Tchèque en cours du soir, vous aurez au moins la chance d’avoir des copines avec qui vous pourrez monter une équipe Endurance et qui vous mettront la misère !! On va mettre ça sur le compte de ma condition physique bien délabrée !

Passée l’euphorie des premières heures il faut songer à gérer les efforts jusqu’à la coupure de nuit… Tant mieux on va se rouler dans le duvet à partir de minuit… euh en fait non… ce sera trois heures du mat et d’autant plus douloureux qu’on a été plusieurs à charger en pensant voir approcher la pause. Ca fait partie du jeu, cohésion et esprit d’équipe obligent, même si on est certains de le payer cash dans les dernières heures de course !

Finalement complètement rincés on lève le pied à 02h45 avec en prime un tour doublé pour le dernier collègue encore en piste… Autant dire que l’ambiance n’est pas à la fête dans le box ! Je ne sais pas ce que la douche avait de magique ce soir là mais c’était vraiment surnaturel. Je crois n’avoir même pas entendu le moindre bruit pendant toute ma (courte) nuit… je conseille aux insomniaques un ou deux 24H Rollers dan l’année, ça vaut tous les somnifères du monde !

Réveil à 5h30… douloureux, compliqué, frigorifique : ce matin belle température estivale de… 9 degrés ! Une humidité qui transperce le cuissard et la combi, on a l’impression de rouler en caleçon ! Heureusement le soleil s’est levé et réchauffe petit à petit l’atmosphère. Il faudra attendre 11h pour ne plus geler sur pied sur les zones moquette !

A regarder les collègues qui ont tourné entre 3h et 6h il nous vient à l’esprit un seul mot : zombies ! Après une brève concertation on en met deux au repos, ils ont bien lutté pour compenser l’absence d’un coéquipier qui a lourdement chuté et est en train de se faire examiner… Finalement le voilà de retour, on terminera à plein effectif et c’est déjà une très bonne nouvelle !

Après quelques heures de repos nos deux morts vivants ont repris des couleurs, à partir du milieu de matinée on reprend à plein effectif. Le patinage est bien moins fluide et on sent qu’on paie l’improvisation de la veille sur les heures de sommeil… le vent semble avoir un peu tourné mais reste quand même très présent et les relais sont d’autant plus faciles à trouver que même des roulants confirmés commencent à chercher les pelotons !

11h, 12h, 13h… L’horloge tourne et on arrive assez vite au moment d’organiser les derniers relais. On apprend que dans la nuit nos Crazy Ladies ont pris de l’avance sur leurs poursuivantes de la même catégorie mais que ces dernières – peu soucieuses de l’esprit sportif cher à M De Coubertin – compensent en se faisant aider d’une équipe Prestige masculine !

La résistance s’organise : sur le finish j’aurai le privilège de servir de moteur auxiliaire à la Der de Crazy Ladies… trop d’honneur pour ma grande carcasse ! Alignés sur la zone moquette on scrute l’horizon… Tiens voilà nos deux Gossips qui arrivent. Passage de relais, dernière poussée bien appuyée pour compenser un peu les cartouches qu’on va laisser dans notre première dernière ascension de Dunlop !

« On tourne tranquille » était l’instruction de base pour ces ultimes tours de Bugatti… mais sans improvisation ça serait moins drôle : voilà qu’on coupe une première fois la ligne en environ 9 minutes. Bref je devais penser à autre chose quand on m’a briefé !
Finalement ma camarade d’infortune me laisse filer quelques mètres plus loin, j’apprendrai que le finish a été pour elle l’occasion d’aller discuter avec les solos stationnés en haut de Dunlop, et de signer à la fois son meilleur et son pire chrono de l’épreuve. Flatté je suis d’y avoir un peu contribué…

Je retrouve un coureur Suisse en haut de Dunlop, on se tire un peu la bourre puis on enchaîne les relais en bonne intelligence. Allez on en a pas encore eu assez, une dernière Dunlop montée à un rythme modéré nous calera jusqu’à l’année prochaine !

Pour moi le dernier passage de ligne d’arrivée avec les gradins pleins est vraiment un moment à vivre ! Et de trois finish ! J’y reviens l’année prochaine c’est promis !

J’en entends même certains parler d’une ou deux équipes Enduro mecs en 2013? Vous avez les mêmes sources que moi ?

Un grand MERCI à notre staff qui nous a permis de dérouler sans se poser de questions et de pouvoir mettre nos neurones en Off pendant tout un week-end, un immense BRAVO à nos Crazy Ladies, à notre team mixte, et aux Gentlemenz pour vos performances respectives !
Bravo aussi à nos voisins de box de Nancy, qui avaient déjà une chouille d’avance sur nous le samedi soir 😉

Greg a.k.a The Flame
Gossip Gentlemenz Cap’tain reconnaissant